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Bernard Berger
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espace Bernard Berger
photo © Éric Dell'Erba
Nouméa, mai 2005

Bernard Berger naît le 31 mars 1957 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Côté paternel, il compte un arrière-grand-père alsacien, venu avec les siens à la toute fin du XIXe siècle sur l'île d'Épi aux Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu) pour y cultiver le café. Il sera le seul survivant de sa famille, décimée par le paludisme, et migrera vers la Nouvelle-Calédonie toute proche. Côté maternel, à peu près à la même époque, c'est contraint et forcé que l'arrière-grand-père, originaire d'Italie, débarque sur le Caillou (nom familier que l'on donne à la Nouvelle-Calédonie). On est en 1892, il a été condamné pour... fabrication de fausse monnaie et sera comme tant d'autres soumis à la double peine : les années de bagne d'abord, puis la relégation qui oblige à demeurer dans la colonie, libre d'y travailler mais pas de la quitter.

C'est à Thio, petite commune minière de la côte Est de la Grande Terre calédonienne que les deux branches de l'arbre généalogique de Bernard Berger se rencontrent. Son père, mécanicien de formation, trouve à s'employer à Doniambo, la seule usine de traitement du nickel du pays. La famille s'installe aux portes de Nouméa, puis à la Vallée du Tir, l'un des quartiers populaires de la ville. Mais les vacances se passent en brousse pour Bernard et ses quatre frères.

La maison bruisse d'histoires : celles du père et de la grand-mère maternelle, qui aiment à raconter anecdotes et contes kanak ; celles de Marcel Pagnol dont les livres séduisent la famille ; celles sorties des magazines illustrés laissés par les soldats américains dont la présence a, en 1939-45, bouleversé la société calédonienne. Puis il y a le « tonton Marcel », un grand-oncle digne de figurer dans un roman, et ce jour où l'aîné décide de dessiner, entraînant ses cadets à prendre le crayon à leur tour.

Aujourd'hui Bernard, le deuxième, est sans doute le plus connu, mais en Nouvelle-Calédonie, tout le monde vous dira que le dessin chez les Berger, c'est une histoire de famille. Pas un des cinq frères qui ne s'y soit essayé, tous avec un talent certain et un humour qui ne l'est pas moins.

Mais entre les dessins d'enfance et l'écriture des premières bandes dessinées, pour Bernard il y a l'Australie, puis de 1977 à 1982 Paris. Il fait à la Sorbonne des études d'Arts plastiques. Il s'engage également dans une maîtrise d'ethnologie qu'il ne finira pas, mais qui compte dans le regard qu'à son retour il va porter sur ceux et celles qui font l'âme de son pays natal.

Nous sommes en 1983. Bernard Berger a trouvé un poste d'enseignant à Lifou, l'une des îles de l'archipel calédonien, et fait un constat : sur la Nouvelle-Calédonie, il y a bien des écrits ethnologiques et historiques, mais rien sur les Calédoniens d'origine européenne, rien sur cette vie en brousse, haute en couleurs, qui fut le sel de son enfance. Ainsi naît Tome Un, qui paraît d'abord en feuilleton dans le journal L'Hebdo et inaugure la saga de La Brousse en folie, dont il signe le dessin et les scénarii successifs.

Le personnage central, Marcel, mêle le goût de Pagnol à la mémoire de l'inoubliable grand-oncle broussard. Il permet à Bernard Berger, amateur également de Franquin, de Reiser, des comics américains, du chansonnier Popec et de Molière, d'explorer l'univers singulier de la brousse néo-calédonienne pour en pointer avec drôlerie et tendresse les « coutumes » et témoigner d'un authentique vivre ensemble des différentes communautés. Travaillant sur les stéréotypes à l'œuvre dans la société qui l'entoure, il les détourne et donne ses lettres de noblesse à ce « français calédonien » riche de multiples apports dont ses personnages témoignent avec une grande truculence.

Les premières années, le lectorat est en majorité métropolitain puis, d'un album à l'autre, la série devient un véritable symbole identitaire et génèrent à sa façon une culture commune.

Pourtant Bernard Berger n'entend pas s'en contenter. En 1998, avec le dessinateur Jar, il s'engage dans l'écriture d'une série toute différente, Le Sentier des hommes, véritable plongée dans l'histoire d'un monde kanak confronté au choc colonial.

En 2005 et pour les années qui suivent, il a en projet un livre illustré pour les enfants, une série de bandes dessinées fondée sur l'univers des contes kanak et l'écriture d'un recueil de nouvelles.

Bernard Berger, dont une grande partie de la famille a aujourd'hui migré vers les États-Unis et tout particulièrement la Californie, est toujours enseignant et l'un des fondateurs de l'Association des Écrivains de la Nouvelle-Calédonie.

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dossier Bernard Berger préparé par Anne Bihan
tous droits réservés © 2005-2014
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/berger.html
mise en ligne : 22 juin 2005 ; mise à jour : 22 janvier 2014