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Anthony Phelps
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« Ne révèle pas nos mots de passe »

« Non rivelare le nostre parole d'ordine »

 
(À Claudia, merveilleuse guide)

Je suis Venise blanche Venise.
Ô blonde oblongue femme
chroniqueuse de silhouettes
en trompe l'œil et attrapes.
Aucun dit mensonger
ne transmutera mes ors
en cuivre
algue ou calcaire.

Tu circules innocente et cendrée
dans mes blanches ruelles
ravives de tes lèvres
rotules et crânes
tessons prisons
de très ancienne barbarie.
Ta main gantée recueille flocons
et dessine sur mes pierres des noms de lieux.

Garde-toi bien de révéler nos mots de passe.
Ne traduis point pour étrangères oreilles
les soupirs de mes ponts.
Brouille les traces de tes pas
bien que la neige bavarde ne garde aucun secret.

Femme blonde
détentrice du mystère des asphodèles
la parole de l'aîné caraïbe
se refait gamme nouvelle.
Se mêlera-t-elle
aux dits de mes nombreux poètes ?
Portera-t-elle plus loin le couchant de l'Histoire ?

Quand tu t'avances consciente de ton rythme
et le berçant de la mathématique
du professeur critique
quand tu procèdes sur ma mémoire
et la lissant de ton talon
les regards s'illuminent sous le pont des voyeurs.

Femme blonde
guide de mes beautés
sous la boiterie de mon hiver
si tu es corde non pour te pendre
je suis archet pour te jouer.

Et chaque fois
que l'affection coule ses notes
dans la rousseur de Vivaldi
je t'inscris dans le silence
où ma musique refait sa pause.
Venise suis-je.
Blanche de neige.
Blanche tu es sous ton blond vénitien.

– Anthony Phelps
le 12 janvier 2002
nouvelle version 27 décembre 2002

(A Claudia, guida meravigliosa)

Sono Venezia, Venezia bianca.
Oh donna bionda e oblunga
cronista di profili
illusori e di miraggi.
Nessun detto ingannevole
tramuterà i miei ori
in rame
alga o calcare.

Te ne vai biondo cenere e innocente
per le mie callette bianche
con le labbra ridai vita
a rotule e crani
cocci e prigioni
di una barbarie antica.
La mano nel guanto coglie i fiocchi
e sulle mie pietre traccia nomi di luoghi.

Attenta, non rivelare le nostre parole d'ordine.
Non tradurre a orecchi estranei
i sospiri dei miei ponti.
Confondi le tracce dei tuoi passi
anche se la neve ciarliera non serba alcun segreto.

Donna bionda
che detieni il mistero degli asfodeli
il vecchio poeta dei Caraibi
ha ora una parola nuova.
Si unirà forse
alle voci dei tanti che mi han cantato?
Spingerà più lontano il tramonto della Storia?

Quando procedi cosciente del tuo ritmo
che culli con la matematica
del professore e critico
e t'inoltri nella mia memoria
levigata dal tuo passo
agli altri gli occhi brillano dal ponte degli sguardi.

Donna bionda
guida delle mie bellezze
il passo vacilla nel mio inverno
e se sei corda, ma non per legarti,
io sono l'archetto che ti suonerà.

E ogni volta
che il sentimento modella le sue note
nel rosso di Vivaldi
t'inscrivo nel silenzio,
in cui la mia musica è sospesa.
Venezia sono.
Bianca di neve.
Bianca sei tu, nel tuo biondo veneziano.



(traduzione di Alessandro Costantini: 10/8/2004)

Ce poème d'Anthony Phelps, « Ne révèle pas nos mots de passe », a paru pour la première fois avec sa traduction en italien d'Alessandro Costantini dans la revue vénitienne, Nexus (Mensile di comunicazione, cultura e attualità nella città metropolitana di Venezia), 12.58 (nov.-gen. 2005), page 4.
© 2005 Anthony Phelps : © 2005 Alessandro Costantini per la traduzione.
tous droits réservés / ogni diritto è riservato

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mise en ligne : 22 mai 2006